Alexandre Arkhanguelski

Alexandre Arkhanguelski

Alexandre Andreïevitch Arkhanguelski
11(23) octobre 1846, village de Staroïe Tezikovo, gouvernement de Penza — 16 novembre 1924, Prague. Chef de chœur russe, compositeur, Artiste émérite de la République (1921).

Pour poursuivre des études supérieures, il entre à l’Académie médico-chirurgicale de Saint-Pétersbourg (1870). Sans achever l’académie, il passe en candidat libre l’examen exigeant de chef de chœur à la Chapelle impériale de la cour (1872). Affecté comme chef de chœur au bataillon des sapeurs. Sa solde n’y suffisant pas, il doit travailler en parallèle comme comptable.

Fondateur de l’un des meilleurs chœurs privés de Russie (1880), qui se produit en concert dans tout le pays et à l’étranger. Il fonde également une société caritative de chant religieux qui apporte un soutien matériel aux choristes malades et à leurs familles (1901).

Nommé inspecteur en chef du Très Saint Synode pour l’organisation et l’inspection des chœurs d’église (1906). Une campagne se déchaîne contre lui dans la revue Musique et chant : on le surnomme « le disciplinaire des chœurs », « le général-gendarme du kliros ». Manifestement, les chefs de chœur peu désireux de bouleverser leurs habitudes étaient mécontents. Mais des appréciations plus objectives finissent par l’emporter, au point que la même revue qualifiera plus tard le compositeur de « fondateur du véritable travail choral russe et seul chef de chœur dont l’égal n’existe pas en Europe ».
En dépit de sa renommée professionnelle, il était dans la vie un homme simple et humble. Tous les chœurs avec lesquels il a travaillé l’adoraient.

N’acceptant pas la révolution, il quitte la Russie pour Prague en 1923, où il prend la direction du Chœur général des étudiants russes.

Le 16 novembre 1924, peu avant le début d’une répétition habituelle, il meurt d’un arrêt cardiaque soudain. Conformément à ses dernières volontés, ses cendres sont inhumées à Léningrad en 1925.

Hélas, en 1924, l’appartement d’Arkhanguelski à Pétersbourg est pillé, et l’ensemble de ses archives (manuscrits inédits, correspondance avec des compositeurs russes, programmes de concerts et coupures de presse) disparaît.

Arkhanguelski a opéré une véritable révolution dans le chant orthodoxe. Il fut l’un des premiers (1880) à remplacer dans le chœur d’église les voix de garçons par des voix de femmes (sopranos et altos). D’abord 20, puis jusqu’à 90 chanteurs. Cela a donné au chant liturgique une profondeur et une expressivité nouvelles.

Arkhanguelski en 1892
Il a composé deux Liturgies originales, une *Vigile nocturne*, de nombreux concertos sacrés et une centaine de pièces brèves. Parmi elles : 11 *Hymnes des chérubins*, 10 versions de *Une miséricorde de paix* et 16 chants exécutés à la place des *versets de communion*. Une place particulière revient à son concerto sacré *Je médite le jour redoutable*, qui se distingue par son grand dramatisme et son expressivité.
Son recueil *Chants de la Divine Liturgie* est devenu un classique et reste utilisé dans les églises du monde entier.
Il a réalisé des centaines d'arrangements de chants populaires, mais c'est par la musique sacrée qu'il s'est efforcé de transmettre à l'auditeur la haute culture du « style sévère ». Il a rapproché la musique d'église d'un public plus large, la rendant plus accessible et plus expressive, tout en préservant son essence spirituelle.
Sa composition *Chants de la Divine Liturgie* est devenue un classique et reste utilisée dans les églises orthodoxes du monde entier.

Selon le témoignage du compositeur F. Nikichine,

« il était rare de rencontrer des hommes qui, jusqu’au bout de leurs jours, accueillaient la vie avec autant de joie. Quiconque, comme moi, a vu la lumière tendre dans les yeux d’Alexandre Andreïevitch durant la triste période de sa maladie comprendra pourquoi il ne terminait jamais une pensée musicale sur un verset triste de psaume, mais la conduisait toujours à une résolution apaisante. »

Aussi n’est-il pas fortuit qu’Alexandre Andreïevitch ait commencé nombre de ses manuscrits par une prière simple et touchante : « Seigneur, je crie vers Toi, exauce-moi ».

Sur la stèle — une mélodie d'une œuvre d'Arkhanguelski : « Écoute, ô Dieu, ma prière ».

Œuvres de ce compositeur